Le Cameroun a retenu le développement agricole et le secteur rural comme, l'option fondamentale pour l'atteinte des objectifs de la stratégie pour la croissance et l'emploi. Les activités agropastorales contribuent aux recettes d'exportation à plus de 40%, au Produit Intérieur Brut (PIB) pour 41% et emploient 80% de la population active. Elles sont la principale source de revenus pour les populations en milieu rural et le pilier principal de la sécurité alimentaire du pays.

Le diagnostic du système actuel des statistiques agropastorales et rurales au MINADER et au MINEPIA qui sont les principaux responsables des politiques du secteur rural au Cameroun, montre que la production actuelle de données statistiques sur ce secteur d'activités est loin d'être satisfaisante.

Depuis plusieurs années, la qualité des statistiques agropastorales s'est fortement dégradée. La production statistique dans le domaine de l'agriculture et de l'élevage est caractérisée par les paramètres ci-après :

  • L'obsolescence ou l'absence des données structurelles

En effet, les données structurelles du secteur agricole camerounais proviennent d'un recensement agricole réalisé en 1984/85 et sont devenues obsolètes. Les bases de sondage des enquêtes sur la production agropastorale, datent donc de plusieurs décennies, ce qui constitue un handicap majeur pour la fiabilité des données. Cette situation constitue un obstacle pour le Gouvernement et les autres utilisateurs désireux de disposer de données statistiques fiables, complètes et à jour, nécessaires pour la formulation des programmes de développement, le suivi de la situation alimentaire et l'estimation des grands agrégats de la comptabilité nationale.

  • La mauvaise intégration et diffusion des données existantes

Cette situation s'explique par la dispersion des sources des données, leur caractère ponctuel et l'utilisation de méthodologies non harmonisées, mais aussi par le cloisonnement entre les statistiques agricoles et le système statistique national. Malgré la mise en oeuvre de la plateforme CountrySTAT, on note toujours un manque d'outils techniques modernes et performants permettant une exploitation, un accès et une diffusion large des données disponibles.

  • La faiblesse des capacités techniques, opérationnelles et institutionnelles au niveau du MINADER et du MINEPIA

Il existe des structures en charges de la production des statistiques agropastorales au MINADER et au MINEPIA à savoir la Direction des Enquêtes et des Statistiques Agricoles au Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (DESA/MINADER) et la Division des Etudes, de la Planification, de la Coopération et des Statistiques au Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales (DEPCS/MINEPIA). Elles ne disposent cependant pas d'infrastructures d'enquêtes adéquates et/ou fonctionnelles au niveau des régions et des départements, même si des postes correspondants existent dans les cadres organiques des Délégations Régionales et départementales.

En réalité, les capacités techniques et opérationnelles actuellement en place pour la production statistique du secteur rural permettent difficilement de répondre aux attentes des utilisateurs.

Les insuffisances ci-dessus évoquées constituent une contrainte majeure pour éclairer le Gouvernement et les opérateurs du secteur rural, sur les choix stratégiques et d'investissement, le pilotage de la mise en oeuvre de la Stratégie de Développement du Secteur Rural (SDSR) ainsi que l'évaluation de l'impact des programmes qui en découlent. Afin d'apporter des solutions durables à ces problèmes, le Gouvernement du Cameroun s'est engagé dans la réalisation du Recensement Général de l'Agriculture et de l'Elevage (RGAE), institué par décret présidentiel n°2015/292 du 29 juin 2015.